Jour 402

PositifNégatif

Positif/Négatif ; vernis à ongles et acrylique sur toile de format 24" X 20"

Voici mon nouveau diptyque. Installé depuis hier dans la salle de bain du rez-de-chaussée. Coincé comme on le voit sur la photo entre deux moulures brunes, d’une fenêtre à gauche et d’une porte à droite. Il ne m’a pas demandé 18 semaines de dur labeur mais peut-être seulement 18 heures. C’est un travail de récupération, en ce sens que la toile à fond blanc était auparavant couverte d’une grosse pomme, et celle à fond noir d’une rencontre de triangles. Les deux toiles avaient plus de dix ans dans leur version originale.
En première étape des travaux requis pour leur donner une seconde vie, j’ai couvert la pomme de gesso blanc, et les triangles de gesso noir. Ensuite, il faut avoir de l’imagination pour me suivre : j’ai fait couler du vernis à ongles de différentes couleurs sur la toile blanche, et appuyé ensuite la toile noire sur la blanche pour qu’elle reçoive le vernis par contact des deux toiles. J’ai attendu que ça sèche.
J’ai fait la même chose avec les taches d’acrylique verte : j’ai fait couler çà et là des taches vertes sur la toile blanche, et appuyé la toile noire ensuite pour qu’elle reçoive le vert par contact. J’ai attendu que ça sèche. Et idem rebelote avec les traits rose –appliqués sur la toile blanche avec une spatule.
J’ai tracé des lignes verticales, horizontales et diagonales au pourtour de la toile, de la même manière, noir sur blanc et blanc sur noir. Ces lignes servent de guides : si on imagine que j’incline la toile noire par son arête inférieure pour la déposer sur la toile blanche, on observe que les lignes, et d’ailleurs tout le reste, se superpose. C’est ce que j’ai appelé dans un texte précédent « l’effet miroir », qu’il est très ardu de maîtriser quand on a comme moi de la difficulté à se situer dans l’espace.
Le plus difficile à maîtriser, cela étant, fut de couvrir les petites masses en respectant cet effet positif / négatif. Fidèle à moi-même, bien entendu, j’ai eu très envie de couvrir de couleur les petites masses obtenues par la rencontre des lignes courbes de vernis à ongles. J’ai couvert de noir les petites masses obtenues sur la toile blanche, et de blanc les petites masses obtenues sur la toile noire.
Avec ses « lichettes » rose, la toile sur fond blanc me satisfait plus ou moins, quand celle sur fond noir me semble plus attrayante. Mais l’intérêt réside dans la rencontre des deux.
Pour l’instant je n’y touche plus, j’ai d’autres chats à fouetter.
Je me suis demandé, en couvrant mes petites masses, de quelle manière on prononce Ezra en anglais.
Je me suis demandé quels vêtements je porterais lors de ma lecture publique.
Je me suis bien sûr demandé si la terre allait arrêter de tourner lorsque je déposerai mon premier pied sur le plancher de la galerie où a lieu la prestation, ce samedi 25.
Et bien entendu j’ai espéré qu’elle s’arrête de tourner. Advenant le chaos le plus total, un tsunami urbain, des volcans soudainement en éruption boul. St-Laurent, j’ai opté pour des vêtements ordinaires, facilement remplacés par d’autres, ordinaires eux aussi…

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À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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